Une organisation modernisée
pour davantage d’efficacité

 

Les objectifs

L’évolution des missions et des technologies, l’optimisation de l’efficacité et de la performance conduisent le Minéfi à réexaminer les modalités d’exercice de ses missions et leur répartition entre ses structures, afin de rationaliser les moyens et de moderniser les méthodes et les outils de travail.

Le dispositif

r      Développer la culture du contrôle de gestion

Parallèlement à la mise en oeuvre de la LOLF, les directions ont structuré un dispositif de contrôle de gestion destiné à améliorer leur efficacité et leur performance.

Une structuration qui se décline dans les services territoriaux

Le dispositif de contrôle de gestion s’appuie fréquemment sur l’échelon pivot des responsables de budgets opérationnels de programme (BOP), qui se situe selon les directions au niveau départemental (DGCP, DGI), régional (INSEE, DRIRE) ou interrégional (Douane, DGCCRF).

Des sessions de formation adaptées aux différents niveaux de responsabilité ont été conçues afin de sensibiliser l’encadrement à ces pratiques nouvelles.

Les pratiques nouvelles du contrôle de gestion

Le contrôle de gestion contribue à la qualité du dialogue de gestion qui s’exerce principalement au niveau des responsables de BOP avec, d’une part, le responsable de programme ou ses représentants et, d’autre part, les unités opérationnelles (UO) rattachées.

Bien que les procédures varient d’une direction à une autre, le dialogue de gestion permet notamment de décliner du national au territorial, les objectifs de performance propres à l’exécution des activités concernées (objectifs, indicateurs, répartition des moyens et maîtrise des coûts).

Le dialogue de gestion est désormais formalisé dans l’ensemble des directions.

Les conférences dites diagnostic-plans d’action de la DGI donnent lieu à des lettres de mission qui constituent des feuilles de route pour les directeurs opérationnels (contractualisation des engagements de performance).

A la DGCP, le dialogue de gestion établi avec les responsables de BOP (Trésoriers-payeurs généraux) porte sur les niveaux d’objectifs d’une vingtaine d’indicateurs, eux-mêmes déclinés à travers des lettres objectifs-moyens destinées aux responsables des postes comptables du Trésor public.

A la Douane, les conférences de performance et de budget organisées au niveau central (par BOP) et les comités de BOP organisés dans les inter régions sont les instances clés de déclinaison et de suivi des objectifs nationaux et locaux.

A la DGCCRF, le dialogue de gestion s’articule autour du comité d’audit interne (CAI) qui pilote un réseau de neuf auditeurs placés auprès des responsables de BOP pour leur apporter conseil et expertise.

A la DARQSI, un dispositif de compte-rendu mensuel ou trimestriel, portant à la fois sur la performance (suivi des indicateurs) et la gestion (crédits et ETPT), fonctionne désormais pour le réseau des DRIRE.

Enfin, l’INSEE a créé en 2006 un pôle national de compétences en contrôle de gestion, qui sert de centre de ressources pour conseiller et aider au déploiement des pratiques de contrôle et de dialogue de gestion.

La rénovation des systèmes d’information du contrôle de gestion

Les pratiques nouvelles sont accompagnées par le déploiement de systèmes d’information spécifiques qui permettent de contrôler la gestion et d’alimenter le dialogue de gestion. Ces systèmes donnent accès aux données d’activité des unités opérationnelles et aux données consolidées des différents échelons pertinents de suivi de cette activité.

Ils permettent de rapprocher les résultats d’activité des objectifs définis dans le cadre du dialogue de gestion, d’évaluer et de comparer l’efficience des services.

r      Optimiser les fonctions « support » pour une meilleure efficacité des missions

Dynamiser la politique immobilière du ministère

La dynamisation de la politique immobilière est un élément important de la stratégie de réforme, car elle contribue à la qualité d’accueil des usagers, à la performance dans l’exécution des missions et à l’effort budgétaire global.

§    Les outils d’une gestion immobilière plus rationnelle

Le rattachement du service des domaines à la DGCP, à partir du 1er janvier 2007, est un élément de cohérence de la politique patrimoniale de l’Etat (cf. fiche 4 sur une gestion fiscale et financière de l’Etat et du secteur public local plus performante). France Domaine pourra ainsi apporter un appui précieux aux TPG qui entretiennent des liens avec l’ensemble des administrations territoriales, pour mettre en œuvre une gestion plus active et plus rationnelle des biens immobiliers de l’Etat.

Les directions du ministère optimiseront également la gestion de leur propre parc immobilier grâce à l’élaboration de schémas immobiliers à moyen et long termes. La généralisation du recours à l’application de gestion patrimoniale « Antilope » facilitera cette gestion prévisionnelle (gestion des surfaces, programmation des maintenances, etc.).

§    Les objectifs d’optimisation du parc immobilier sur la période 2006-2008

L’optimisation des surfaces immobilières utilisées par les administrations centrales contribuera activement à dynamiser la politique immobilière du ministère.

L’opération la plus emblématique sera le regroupement fin 2007 de l’ensemble des services centraux de la Douane et de TRACFIN [1] dans un bâtiment de 20 000m2, actuellement en construction, à Montreuil (93). Outre les recettes importantes tirées de la vente des bâtiments, cette opération permettra de réduire le coût de fonctionnement annuel des services centraux de la Douane.

Les directions à réseau du ministère optimiseront l’occupation de leurs surfaces immobilières par des regroupements ou des réaménagements accompagnant, le cas échéant, des réorganisations structurelles.

La DGI s’engage à réduire de 5% la surface utile totale de son parc d’ici 2008 notamment à travers les économies d’espace réalisées lors de la création des hôtels des finances et des points d’accueil finances communs avec la DGCP.

France domaine aidera les directions à réseau à réaliser les cessions immobilières des emprises vacantes ou inutiles. Cette politique permettra de financer les réformes de structure.

La DGTPE cèdera plusieurs emprises du parc immobilier des Missions économiques à l’étranger (Bilbao, Edimbourg, La Paz, Montevideo, Asunción, Le Caire, Casablanca et Washington) [2]. Elles financeront des acquisitions nouvelles (Rome, Bucarest, Londres, Sofia, Le Caire et Hanoi), l’objectif étant de réduire de 2 Mpar an, le coût du poste immobilier en 2009, par rapport à 2006, et d’autofinancer les investissements nécessaires. La DGTPE participera également au regroupement des services français à Pékin, Tokyo, Berne, et au Koweït, ce qui conduira à économiser 1,5 Mde frais de fonctionnement par an [3] .

 

r      Poursuivre la modernisation des achats, engagée avec l’Agence centrale des achats

L’Agence centrale des achats [4] créée en novembre 2004 poursuit son programme de globalisation et de standardisation des achats du ministère.

Son fonctionnement est désormais éprouvé. L’agence est structurée en trois domaines d’achat qui correspondent aux segments qui recèlent les potentiels d’économies les plus importants (informatique et télécommunication, prestations immobilières, fournitures et prestations générales) [5] .

Elle mène une démarche partenariale active avec les directions pour mettre en œuvre ses trois principaux leviers d’action : la globalisation des achats, la maîtrise des consommations et la simplification du processus d’achat.

L’ACA contribuera activement à la mise en oeuvre du plan d’action interministériel arrêté en septembre 2006, suite à l’audit transversal de modernisation réalisé sur la fonction « achat ».

La modernisation de la fonction achat a été assortie d’un objectif triennal d’économies sur la période 2005-2007, de 150 Mpar rapport aux achats de 2004. Dès 2005, l’économie budgétaire réalisée (48,5 M) a été proche de l’objectif annualisé (50 M) [6] .

r      Adapter l’organisation interne à l’évolution des missions et des objectifs

Une répartition nouvelle des compétences entre les échelons déconcentrés, à la Douane et à la DGCCRF

Dans le souci d’un meilleur pilotage de l’activité et de l’optimisation des moyens consacrés au contrôle, la répartition des compétences entre les échelons déconcentrés a été modifiée en 2006, à la DGCCRF et le sera en 2007 à la Douane.

• À la faveur de la réforme de ses services d'administration générale, la Douane a recentré ses directions régionales sur le pilotage opérationnel et créé des directions interrégionales pour l'orientation stratégique des services et le pilotage de la performance. L’échelon inter-régional regroupera à terme l’essentiel des tâches de gestion administrative, afin que les unités opérationnelles mobilisent davantage leurs moyens sur les missions de lutte contre la fraude et sur le dédouanement.

• La DGCCRF articule désormais son réseau autour des directions régionales chargées du pilotage et du suivi de la performance. Cette évolution permettra aux directions départementales de recentrer leur activité sur la régulation concurrentielle des marchés, la protection économique et la sécurité des consommateurs.

La spécialisation accrue des structures et des services

La recherche d’efficacité et de performance conduit plusieurs directions à regrouper l’exercice de certaines fonctions au sein de structures spécialisées.

La DGCP étudie la possibilité d’étendre l’intervention des centres d’encaissement au recouvrement contentieux des produits locaux et au traitement des chèques d’impôt suite à une action en recouvrement [7]. Deux pôles interrégionaux d’apurement administratif des comptes des collectivités et établissements publics locaux ont par ailleurs été implantés à Rennes et Toulouse [8] et leur compétence territoriale sera progressivement étendue.

L’INSEE modernise également profondément les services d’administration des ressources (SAR) qui sont les services support des directions régionales. Cette évolution comporte un volet réorganisation des services, lié à la modernisation de certaines fonctions comme la gestion des ressources humaines, un deuxième axe concerne la mutualisation de la paie des agents pour plusieurs directions régionales et la création de deux pôles nationaux pour les fonctions achat et contrôle de gestion, enfin le troisième volet vise à externaliser les activités logistiques (entretien, gardiennage, etc.).

Les directeurs des services fiscaux élaborent des plans départementaux d’organisation des structures, destinés à adapter l’organisation territoriale à l’évolution des missions fiscales, et des outils pour les mener (création de pôles de recouvrement forcé, rapprochement des CDI et CDIF, création de pôles de contrôle et d’expertise, etc.).

La DGCP va poursuivre l’extension des centres prélèvement service (CPS) spécialisés dans la gestion à distance des contrats de prélèvement automatique, afin de couvrir l’ensemble du territoire national d’ici 2008 [9].

Elle a également créé un centre amendes service (CAS), ouvert en octobre 2005 à Toulouse, qui gère à distance pour 32 départements les dossiers des redevables d’amendes. Il apporte des informations d’ordre général et individuel et prend en charge les paiements par carte bancaire.

La valeur ajoutée des centres d’appel impôts service (CIS) de la DGI [10] a par ailleurs été attestée par les expérimentations réalisées qui ont confirmé l’amélioration du service rendu.

La réorganisation des directions d’administration centrale

Après la création en 2004 de la DGTPE chargée de proposer et de conduire les actions de la politique économique de la France [11], après la création en janvier 2005 d’une direction générale des entreprises (DGE) chargée de préparer et mettre en oeuvre la politique industrielle française [12] et après la création en 2005 du service du contrôle général économique et financier (CGEFI) chargé de contrôler la performance de l’action publique [13], le ministère poursuit sa réorganisation interne sur la période 2006-2008.

§    Les attributions du Secrétaire général

Le champ d’intervention du Secrétaire général du Minefi a été élargi en 2006, avec la création d’un secrétariat général, afin d’améliorer la coordination et le pilotage des politiques ministérielles.

Il intervient dans quatre grands domaines de compétence : ressources humaines, dialogue social, formation professionnelle, et politique de l’encadrement supérieur ; modernisation et performance ; préparation et synthèse budgétaires, politique en matière d’immobilier et d’achats ; convergence et sécurisation des systèmes d’information.

§    La création d’une nouvelle direction des personnels et de l’adaptation de l’environnement professionnel (DPAEP)

Cette nouvelle direction est recentrée sur les missions opérationnelles et les fonctions support nécessaires au bon fonctionnement de l’administration centrale du ministère [14]. Elle est placée sous l’autorité du secrétaire général du ministère.

§    La réforme de la direction du budget

Pour s’adapter aux évolutions liées à la mise en œuvre de la LOLF, la direction du budget sera réorganisée en 2007.

L’exigence de transparence vis à vis du Parlement conduit en effet à créer des unités transversales pour traiter les projets et les rapports annuels de performance et les documents relatifs à l’analyse des coûts. Une sous-direction « performance de la dépense publique » sera également créée ; elle coordonnera le réseau des contrôleurs budgétaires et comptables ministériels et sera l’interlocutrice des directions des affaires financières des ministères.

La sous-direction de la politique budgétaire réorientera son activité sur la synthèse macro budgétaire afin de renforcer ses capacités de synthèse et d’analyse au profit du Gouvernement. De même, les sous-directions verront leurs compétences évoluer au profit des fonctions d’analyse (stratégie sectorielle, étude des chantiers de réforme) [15] . Pour instaurer avec les autres ministères un dialogue plus riche et des relations coopératives, les dépenses de personnel seront appréhendées comme les autres dépenses [16].

§    La mise en place de l’Autorité de sûreté nucléaire

Le Gouvernement ayant souhaité affirmer l’indépendance de la mission de sûreté nucléaire, l’Autorité compétente a été créée par la loi n° 2006-686 du 13 juin 2006. Elle disposera, d’une part, des services qui relevaient précédemment de la direction générale de la sûreté nucléaire et de la radioprotection et, d’autre part, de divisions territoriales spécialisées des DRIRE. La réglementation générale dans les domaines de la sûreté nucléaire et de la radioprotection reste de la compétence de l’Etat ; une structure placée au sein de la DARQSI exercera ces attributions régaliennes.

§    La réorganisation de la DGI

La DGI a réorganisé la direction de la législation fiscale (DLF) qui lui est rattachée, ainsi que son service juridique, pour s’adapter aux évolutions des missions, clarifier et rationaliser certains partages de compétences, selon une logique par usagers (particuliers, professionnels) et non plus par type d’impôts, afin notamment de mieux appréhender le patrimoine des personnes physiques.

Au sein du service juridique, une cellule a désormais en charge le traitement du contentieux juridictionnel et non juridictionnel. La répartition des tâches se fait désormais par type d’usagers à l’image de l’ensemble des autres services de la direction. En outre, les équipes de ce service rejoindront le reste de l’administration centrale de la DGI sur le site de Bercy en 2007.

§    L’inspection générale des Finances réforme sa gestion des ressources humaines

L’Inspection générale des Finances va diversifier ses ressources humaines par l’ouverture d’une nouvelle voie de recrutement externe à des cadres seniors (âge intermédiaire) et par le recrutement temporaire de cadres A de la fonction publique (inspecteurs principaux, attachés principaux) et d’étudiants stagiaires. L’objectif est d’enrichir le vivier de compétences du service, de compléter son expertise, de renforcer la pertinence de ses propositions et d’accompagner la mise en oeuvre de ses préconisations.

r      Expérimenter le transfert d’activités

Afin d’optimiser l’adéquation des charges de travail aux moyens, le Minéfi engagera plusieurs expérimentations de transfert du travail. Cette méthode nouvelle sera testée dans l’administration fiscale au cours de la période 2007-2008.

Le contrôle fiscal sur pièces à distance (CSP)

La DGI expérimentera le contrôle fiscal sur pièces à distance des dossiers de particuliers. Sept directions déconcentrées (Côtes d’Armor, Finistère, Deux-Sèvres, Haute-Marne, Haute-Savoie, Aisne et Cher) viendront en appui de quatre directions d’Ile de France à forte densité de population, dont l’activité est particulièrement soutenue (Paris-Sud, Paris-Nord, Hauts-de-Seine Nord et Paris-Ouest). Environ 80 agents seront ainsi concernés par l’opération qui débute fin 2006 et fera l’objet d’une évaluation en 2008.

Outre l’optimisation de l’utilisation des moyens, l’expérimentation devrait permettre une meilleure couverture du tissu fiscal.

L’expérimentation sur le recouvrement des amendes à la DGCP

Le dispositif de recouvrement des amendes évolue vers une spécialisation accrue des services et la généralisation du recouvrement à distance. Trois types de dispositifs se mettent en place et couvriront l’ensemble du territoire d’ici 2008 :

-          les centres d’encaissement des amendes [17] ;

-          le centre « amende service » qui traite les demandes des usagers en matière de recouvrement des amendes reçues par téléphone ou Internet pour 32 départements, verra sa compétence géographique étendue d’ici 2008 ;

-          la trésorerie du contrôle automatisée (TCA) de Rennes, poste comptable à compétence nationale créé en octobre 2005 pour recouvrer l’ensemble des amendes forfaitaires majorées issues du contrôle automatisé. Elle assure également le suivi comptable des télépaiements (sur Internet et par téléphone) d’amendes forfaitaires issues du contrôle automatisé et des amendes forfaitaires et condamnations pécuniaires. A échéance 2008, elle acceptera également le télépaiement d’amendes de stationnement.

r      Rénover les systèmes d’information des ressources humaines

Le développement de nouveaux systèmes d’information des ressources humaines (SIRH) est un axe important de la modernisation du ministère. Ils permettront de mieux piloter les ressources humaines (gestion prévisionnelle), de développer des services aux agents (mise en ligne des dossiers individuels), de veiller aux contraintes budgétaires et de plafond d’emplois imposées par la LOLF.

Le projet SIRHIUS lié à cette démarche, vise à faire converger les chantiers de rénovation des SIRH lancés par plusieurs directions [18]. Il va générer des économies d’échelle car il engage toutes les directions à s’intégrer dans l’un des trois projets déjà lancés : par la DGI, par la DPAEP ou par la DGCP [19] .

Le programme de convergence sera progressivement ajusté au cours de la période 2006-2008. Le périmètre de SIRHIUS et sa gouvernance seront bientôt fixés, l’implication et les engagements de l’éditeur du progiciel retenu (HR Access) seront alors précisés.

Parallèlement, l’étude menée conjointement par l’Inspection générale des Finances et le CGTI permettra prochainement de déterminer l’option de convergence à retenir (convergence au fil de l’avancement des projets, noyau commun à chaque projet ou application unique commune à toutes les directions). En 2007, l’architecture des applications du progiciel HR Access sera réajustée. Enfin, le plan de convergence sera susceptible d’adaptations tout au long de la phase de développement des projets directionnels (2006-2010), en tenant compte de l’évolution de SIRHIUS, ainsi que des coûts et des marges afférents.

 

 

r      Les indicateurs

 

2006

2007

2008

Gains réalisés par la globalisation et la standardisation des achats (cumul sur 3 ans en M)

50

100

150