Une gestion fiscale et financière

de l’Etat et du secteur public local plus performante

 

 

Programme gestion fiscale et financière de l’Etat et du secteur public local (programme 156 - LOLF)

Programme stratégie économique et financière et réforme de l’Etat (programme 221 –LOLF)

 

Développer le civisme fiscal qui garantit l’égalité des citoyens devant l’impôt et améliorer les relations avec les contribuables constituent deux objectifs permanents de l’administration fiscale.

La charte du contribuable élaborée en 2005 concourt à atteindre ces objectifs. Par le rappel des droits et des devoirs réciproques, elle favorise un climat de confiance dans les échanges entre l’administration et le contribuable.

Développer le civisme fiscal

r      Une plus grande sécurité juridique des entreprises

Etablir une relation de confiance avec le contribuable impose à l’administration fiscale de garantir la sécurité juridique des décisions et des procédures en la matière.

Sur la période 2006-2008, l’administration fiscale mènera plusieurs actions qui s’inscrivent dans cet objectif.

• Elle développera la procédure de rescrit, grâce à la montée en puissance d’une cellule dédiée à sa promotion. En outre, les vérificateurs peuvent fournir des assurances sur des points précis n’ayant pas donné lieu à rectification. Cette position est ensuite opposable à l’administration. Dans un souci d’information, l’ensemble des rescrits ayant une portée générale fera l’objet d’une publication sur le portail fiscal des impôts (www.impots.gouv.fr) et un recueil annuel de ces textes sera diffusé.

• L’administration fiscale développera également la procédure des accords préalables avec les entreprises sur les prix de transfert d’un bien ou d’un service à une autre entreprise du même groupe. Ce dispositif sécurise la politique des entreprises dans les échanges avec leurs filiales ; une procédure allégée est spécifique aux PME.

• L’administration fiscale fera enfin la promotion des contrôles fiscaux à la demande. Les entreprises dont le chiffre d’affaires ne dépasse pas 1,5 M(450 000 euros pour les entreprises de prestations de service) peuvent demander une intervention spécifique à la DGI. Cette procédure est destinée à favoriser l’application correcte des textes fiscaux [1].

r      Une réactivité accrue face aux défaillances déclaratives et de paiement

L’administration fiscale continuera à porter une attention particulière aux défaillances déclaratives et de paiement. Elle s’organisera pour maintenir un haut niveau de réactivité face à ces situations, afin de réaliser au mieux sa mission de recouvrement de l’impôt et de préserver les intérêts des contribuables.

Elle mettra en place un pôle de recouvrement par direction des services fiscaux d’ici la fin 2008 : 88 pôles sur 107 sont déjà créés au 1er septembre 2006. Ces services, constitués d’équipes ayant un haut niveau d’expertise en recouvrement, ont pour mission de traiter très rapidement les défaillances de paiement des contribuables professionnels les plus inciviques en ciblant les actions opportunes.

Le Trésor public expérimente depuis 2006 des procédures de poursuites nouvelles, plus rapides et plus progressives. Des actions de relance amiable seront testées auprès de particuliers défaillants, selon des modalités adaptées (lettres comminatoires [2], relances téléphoniques, etc.). La généralisation de ces pratiques nouvelles à l’ensemble de la population sera effective en 2008, si leur efficacité est avérée.

L’évolution du civisme fiscal sera suivie à travers plusieurs objectifs relatif au respect du délai légal des obligations déclaratives et au paiement de l’impôt.

Renforcer la lutte contre la fraude fiscale

La lutte contre la fraude fiscale sera renforcée à tous les niveaux de la « chaîne de qualité » du contrôle fiscal : dans la programmation des contrôles, dans le déroulement des opérations de contrôle et dans le recouvrement. Pour palier les difficultés spécifiques de recouvrement sur contrôle fiscal, le partenariat entre les réseaux de la DGI et de la DGCP sera plus soutenu. Les deux directions ont désormais un indicateur commun, avec l’objectif d’augmenter d’un point l’efficacité de ce recouvrement après contrôle fiscal (42% en 2006 et 43% en 2008) [3].

La priorité sera également donnée à la lutte contre les fraudes les plus graves, notamment à l’international et en matière d’activités occultes. A cet effet, les services de recherche seront davantage mobilisés, tandis que le nombre de contrôle à finalité répressive sera stabilisé. La DGI visera un objectif de 15% de contrôles réprimant les fraudes les plus graves [4] sur la période 2006-2008.

L’objectif de bonnes relations avec le contribuable est décliné à travers plusieurs actions :

• en cas de discordance entre la déclaration sur les revenus et d’autres informations connues de l’administration fiscale, les particuliers reçoivent désormais un courrier de « relance amiable » qui leur permet de corriger sans sanction les erreurs commises de bonne foi ;

• depuis 2006, en plus de la limitation légale à trois mois pour les plus petites entreprises, la durée des contrôles en entreprises est limitée à neuf mois pour 90% des grandes entreprises et 100% des PME ;

• les entreprises soumises à une vérification de comptabilité, peuvent depuis 2005 régulariser leur situation fiscale en cours de contrôle, par une déclaration et un paiement complémentaires (réduction accordée sur les intérêts de retard).

Améliorer le recouvrement des impôts, des amendes et des créances de contrôle fiscal

Le taux de recouvrement de l’impôt est l’un des critères de performance de la mission confiée à l’administration fiscale. Elle témoigne de son efficacité à améliorer le civisme fiscal nécessaire pour garantir l’égalité du citoyen devant l’impôt et pour préserver l’équilibre budgétaire de l’Etat et des collectivités locales.

L’efficacité du recouvrement est suivie à travers six principaux indicateurs relatifs aux obligations déclaratives et de paiement.

Outre les évolutions du recouvrement des impôts et des créances sur contrôle fiscal présentées supra, l’objectif est de renforcer le civisme en matière de paiement des amendes sur la période 2006-2008 [5]. Au titre de l’amélioration de l’offre de service, les modes de paiement seront diversifiés d’ici 2008 (télépaiement sur Internet, par téléphone ou chez les buralistes). La politique de poursuite sera plus rapide et plus progressive : elle s’appuiera sur une phase comminatoire. Le pilotage du recouvrement est facilité par la mise en place d’un infocentre national fin 2006. Enfin, des structures communes d’accueil et de gestion des amendes de transports seront implantées sur le territoire (Trésor public, officier ministériel public, établissement public).

Objectifs de recouvrement sur la période 2006-2008

 

2006

2007

2008

Part de professionnels s'acquittant dans le délai légal de leurs obligations déclaratives en matière de TVA (DGI)

88,50%

89,50%

90,50%

Taux de retardataires dans les déclarations de résultat annuel des entreprises (DGI)

< 1%

< 1%

< 1%

Part des usagers particuliers respectant leurs obligations en matière d'impôts sur le revenu (DGI)

97,80%

97,90%

98,00%

Part des impôts acquittés spontanément par les professionnels (entreprises) (DGI)

98,0%
à 98,5%

98,0%
à 98,5%

98,0%
à 98,5%

Taux de recouvrement brut de l'impôt sur le revenu des particuliers (DGCP)

97,85%

97,87%

97,90%

Taux net de recouvrement forcé (droits) (DGI)

55,00%

55,25%

55,50%

Taux brut de recouvrement (droits/pénalités) sur créances de contrôle fiscal externe au titre de N-2 (DGI - DGCP)

42,0%

42,5%

43,0%

Taux de recouvrement contentieux des amendes et des condamnations pécuniaires (DGCP)

38%

40%

42%

 

Déployer la nouvelle fonction comptable de l’Etat

La mise en place du volet comptable de la LOLF exige de décliner de façon opérationnelle les nouvelles normes de comptabilité d’exercice, d’adapter l’organisation de la fonction comptable, de rénover certains processus-clefs de la dépense et de consolider le contrôle interne comptable.

r      Réussir le passage à la comptabilité d’exercice

Depuis le 1er janvier 2006, la comptabilité générale de l’Etat est une comptabilité en droits constatés (similaire à celle d’une entreprise privée), ce qui conduit à une évolution en profondeur des modalités de comptabilisation (nouveau référentiel comptable) [6]. Elle donne une image plus fine de la situation patrimoniale et financière de l’Etat grâce à la prise en compte des amortissements, des provisions, des créances ou des dettes. Par ailleurs, les dépenses et les recettes sont désormais imputées sur l’exercice budgétaire auquel elles se rattachent, indépendamment de la date de paiement ou d’encaissement.

La DGCP fournira des restitutions budgétaires et comptables adaptées aux exigences de la LOLF, retraçant les dépenses par destination (missions, programmes et actions) et par nature.

Une comptabilité d’analyse des coûts des actions sera également mise en place d’ici 2008, à partir des informations contenues dans les comptabilités budgétaire et générale.

r      Adapter l’organisation de la fonction comptable

Au niveau central, le service du contrôle budgétaire et comptable ministériel (CBCM) sera l’interlocuteur unique du ministère des finances auprès de chaque ministère. Il favorisera la mise en place de la comptabilité d’exercice et du volet comptable de la LOLF dans tous les ministères qui prendront la fonction de comptable assignataire à partir de 2007.

Au sein des trésoreries générales, les services chargés de la comptabilité et de la dépense seront profondément réorganisés d’ici 2007. Une nouvelle cellule de qualité comptable pilotera la fonction comptable et assurera un contrôle interne de second niveau [7]. Elle sera l’interlocuteur privilégié des départements comptables ministériels (DCM) [8].

r      Rénover les contrôles et les « process » de la dépense

La rénovation du contrôle de la dépense prendra appui sur un « pôle dépense consolidé », regroupant le service de la dépense, le service des rémunérations et le centre régional des pensions. Ce futur pôle facilitera le pilotage budgétaire ; il sera l’interlocuteur unique des administrations déconcentrées de l’Etat.

L’efficacité et la fiabilité de l’ensemble de la chaîne de dépense seront également renforcées par le décloisonnement des relations entre les acteurs. A cet effet, un nouveau système d’information budgétaire et comptable de l’Etat (Chorus) commun aux gestionnaires et aux comptables, en cours de développement, sera expérimenté à partir de 2008.

La procédure de contrôle hiérarchisé de la dépense, élaborée par le Trésor public pour simplifier et mieux cibler le contrôle, sera adaptée au changement de nomenclature lié à la LOLF. Un tableau de bord périodique (nombre et nature des incidents, nature et efficacité des contrôles effectués au regard des enjeux financiers et des risques) permettra de suivre précisément la qualité de l’exécution de la dépense.

Etant donné les masses financières concernées, le circuit de la paye est un enjeu majeur pour la certification des comptes de l’État. C’est pourquoi, une réflexion sur l’organisation et les outils de la gestion de la paye est en cours. Ces travaux s’inscrivent dans le projet de mise en place d’un opérateur national de paye.

Enfin, plusieurs process spécifiques seront rénovés d’ici 2008 [9].

Pour s’assurer de l’efficience des évolutions apportées aux process de la dépense de l’Etat, un objectif de réduction de 1% par an du coût de gestion a été fixé par le Trésor public (taux d’intervention) [10].

r      Renforcer le contrôle interne comptable

La LOLF impose la certification annuelle des comptes de l’Etat par la Cour des comptes. La DGCP devra ainsi présenter chaque année des états financiers sincères et complets ; c’est pourquoi le renforcement du contrôle interne comptable constitue un objectif prioritaire.

Une réorganisation d’ensemble du contrôle interne comptable a été engagée au sein du Trésor public à partir de 2005 ; il se poursuivra sur la période 2006-2008. Trois niveaux de contrôle interne - à l’échelon des services et des postes comptables, de la trésorerie générale (cellule de qualité comptable) et au plan national (mission vérification) – participent à la fiabilisation de la comptabilité de l’Etat. Ce dispositif sera évalué régulièrement par des audits internes comptables et financiers qui devront avoir couvert 75% des volumes financiers suivis en comptabilité, d’ici 2008.

r      Améliorer la qualité des comptes des établissements publics opérateurs de l’Etat

Les exigences de la LOLF en matière de comptabilité valent pour les établissements publics opérateurs de l’Etat. A cet effet, le Trésor public définira et mettra en place d’ici 2008, deux plans d’actions.

Le premier visera à étendre le contrôle hiérarchisé de la dépense, à rénover les fonctions comptables (éléments patrimoniaux, contrôle interne, communication financière) et à moderniser plusieurs process de recettes et de dépenses grâce à une responsabilisation accrue des gestionnaires.

Ces évolutions seront formalisées et suivies (indicateurs de performance) dans le cadre de protocoles de modernisation de la gestion comptable et financière, étendus aux principaux opérateurs. Un objectif de 30 protocoles signés en 2008 est fixé par le Trésor public.

L’objectif de certification des comptes des établissements publics dotés d’un agent comptable, s’appuiera également sur la mise en oeuvre d’un plan d’actions pluriannuelles (2006-2008) sur la qualité comptable des opérateurs de l’Etat (mise à jour du référentiel comptable, fiabilisation du parc immobilier, etc.). Le Trésor public vise la certification en 2008 des comptes consolidés de 20 établissements publics (sur 31).

Accroître la performance du système d’information financière de l’Etat : le projet Chorus

Les applications financières de l’Etat ont été adaptées aux principales dispositions de la LOLF pour la gestion 2006, dans le cadre du projet Palier 2006. L’étape suivante consiste à intégrer tous les acteurs et processus financiers de l’Etat dans une seule application pleinement conforme à la LOLF. Cette application, appelée Chorus, sera déployée dans tous les services de l’Etat au cours de l’année 2009.

r      Une rationalisation du système d’information financière de l’Etat

Le système d’information financière de l’Etat comprend aujourd’hui environ 200 applications développées et administrées aux niveaux ministériel et interministériel. Outil commun aux gestionnaires et comptables de toutes les administrations, Chorus couvrira les principales fonctions financières de la gestion publique (mise à disposition des crédits, exécution de la dépense et des recettes non fiscales, pilotage transversal) et sera l’unique outil de tenue de la comptabilité de l’Etat.

Chorus remplacera les applications interministérielles de gestion de la dépense, des recettes non fiscales et de la comptabilité (Accord, NDL, REP, India, TCC, CGL, NDC, etc.), ainsi que certaines applications ministérielles de gestion.

Le projet Chorus s’inscrit ainsi dans un objectif de rationalisation du nombre d’applications financières, avec d’importantes économies d’échelle en perspective : suppression des coûts de maintenance des applications, mutualisation des équipes de construction et d’exploitation...

r      Une modernisation des processus financiers

L’objectif du Palier 2006 était de mettre en oeuvre l’essentiel de la LOLF, en s’appuyant sur les applications existantes, souvent anciennes et difficiles à faire évoluer. Chorus sera spécialement construit pour mettre en œuvre toutes les dispositions de la LOLF. Notamment, il permettra de suivre les trois comptabilités de l’Etat (budgétaire, générale et d’analyse des coûts) et renforcera l’auditabilité des comptes de l’Etat. En restituant une vision globale et en temps réel des finances de l’Etat, il améliorera également la transparence de la gestion publique et facilitera le pilotage par la performance.

Fondée sur un progiciel de gestion intégrée (PGI), l’application sera conçue comme un puissant levier de modernisation des processus et des organisations. La construction de Chorus s’inscrit ainsi dans le prolongement des travaux de réingénierie des processus, lancés en 2004 dans le cadre de la mise en oeuvre de la LOLF, et participera à l’amélioration de la productivité de l’administration.

Dynamiser la politique immobilière de l’Etat : France Domaine

Sur la période 2006-2008, la politique immobilière de l’Etat sera dynamisée par la mise en oeuvre d’une stratégie d’optimisation des surfaces utilisées par l’Etat (cession des volumes mal employés ou inadaptés) [11].

Par ailleurs, la qualité du service d’évaluation réglementaire propre aux opérations immobilières, sera suivie à travers le taux de respect du délai de réponse d’un mois ; ce taux devra s’apprécier de 4% entre 2006 (90%) et 2008 (94%).

Le 1er janvier 2007, la totalité des activités domaniales actuellement exercées par la DGI sera transférée à la DGCP au sein du service France Domaine.

Mettre en oeuvre le droit à l’information des futurs retraités de la fonction publique

Pour chaque fonctionnaire de l’Etat, le service des pensions est chargé de créer un compte individuel de retraite (CIR) récapitulant les informations personnelles et de carrière utiles pour la retraite. Ce compte est destiné à satisfaire le droit à l’information des actifs, prévu par la loi du 21 août 2003 portant réforme des retraites.

Ce droit se matérialisera à compter du second semestre 2007 par l’envoi aux assurés de deux documents officiels inter régimes de retraite : le relevé de situation individuelle et l’estimation indicative globale, assortie de plusieurs estimations financières de retraite dans les différents régimes éventuels de l’assuré, à plusieurs dates de départ possibles.

La première campagne d’information sur le compte individuel de retraite (CIR) sera déclenchée mi-2007.

 

Les indicateurs

 

2006

2007

2008

Indice des jours - anomalies constatés dans la comptabilité de l’Etat (en base 100 par rapport à 2005) (DGCP)

70

50

35

Taux d’anomalies relevées à l’occasion des contrôles de la dépense de l’Etat (DGCP)

2,5%

2,3%

2,1%

Délai global de paiement des dépenses de l’Etat (ordonnateur et comptable) en nombre de jours (DGCP)

35 J.

30 J.

28 J.

Délai moyen de paiement des dépenses de l’Etat par les comptables (hors paye et pensions) – en nombre de jours- (DGCP)

4,6 j.

4,6 j.

4,5 j.

Taux de respect du délai d’un mois, hors délais négociés, pour la réponse aux demandes d’évaluations réglementaires adressées à France Domaine (Service France Domaine)

90%

92%

94%