Avant-Propos

Durant la plus grande partie du siècle dernier (20ème siècle), le mot " handicap " fut souvent associé aux termes " inconvénient ", " infériorité " et, plus encore, " incapacité ". Ce triste constat n’a donc pas facilité l’approche d’une situation ou d’un état qui aspirait avant tout la crainte, faute d’en savoir plus.

En effet, il aura fallu attendre les années 70 pour voir les mentalités évoluées, laissant entrevoir de nouvelles perspectives d’avenir pour les personnes handicapées.

A l’aube du 21ème siècle, il était temps que la situation des trois millions et demi de nos concitoyens qualifiés d’handicapés évoluent.

Mais qu’entendons-nous par personne handicapée ?

La définition du handicap :

Selon la déclaration des droits des personnes handicapées proclamée par l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies le 9 décembre 1975, il s’agit de toute personne dans l’incapacité d’assurer par elle-même tout ou partie des nécessités d’une vie individuelle ou sociale normale, du fait d’une déficience, congénitale ou non, de ses capacités physiques ou mentales.

Le britannique Philip WOOD introduit à partir de 1980 une clarification conceptuelle déterminante dans la définition du handicap. Il définit en effet le handicap comme la conséquence des maladies sur la personne, en les analysant selon trois plans :

  • la déficience, correspondant à l’altération d’une structure ou d’une fonction psychologique, physiologique ou anatomique ;
  • l’incapacité, qui est une réduction partielle ou totale de la capacité d’accomplir de façon normale une activité ;
  • le désavantage, conséquence de la déficience ou de l’incapacité sur les conditions d’insertion sociale, scolaire ou professionnelle. Le désavantage est la résultante de l’interaction entre la personne porteuse de déficience ou d’incapacité et l’environnement. Son importance est étroitement liée à la qualité de l’environnement, qui peut soit le minimiser, soit l’amplifier.

Les travaux de Philip WOOD constituent, dans les années 1980, le fondement de la classification internationale des handicaps (CIH), élaborée à l’initiative de l’Organisation mondiale de la santé et adoptée par la France en 1988 comme référence des nomenclatures statistiques sur le handicap.

Le handicap n’est toutefois, en France, défini dans aucun texte. En particulier, la loi n° 75-534 du 30 juin 1975 d’orientation en faveur des personnes handicapées, si elle marque la reconnaissance du handicap, n’en donne aucune définition. Ce n’est qu’à partir de 1993 que le handicap s’apprécie par un taux d’incapacité, évalué sur la base d’un guide-barème fortement inspiré de la CIH.

 


CRIPH - 6/08/07